Faune grandrisienne

Mais qui sont ces serpents ?

Mal aimés, les serpents sont surtout bien mal connus du public... Quelques explications - d'un spécialiste et admirateur - sur les serpents présents dans notre région.

 

Photos : J. C. fact.
Photos : J. C. fact.

Il suffit d’évoquer les serpents dans une conversation entre gens sensés pour entendre : « c’est froid », « c’est gluant », « j’en ai la frousse », « je les écrase », « c’est très dangereux, mortel, méchant, diabolique, moche, horrible »… Et il est étonnant de constater que les réactions les plus violentes, de même que les croyances les plus erronées, viennent en général des personnes qui vivent à la campagne ! Expliquer que la couleuvre est inoffensive et n’a rien à voir avec la vipère relève de l’exploit ; parler de leur rôle dans la nature et des rongeurs qu’elles mangent en grande quantité n’est jamais facile. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont utiles que les serpents sont protégés par une loi du 10 juillet 1976. Il faut pourtant persévérer, faire comprendre que les couleuvres sont parfois agressives mais pas dangereuses, que les vipères sont parfois dangereuses mais jamais agressives…

Un caractère réservé
Ces reptiles discrets n’aiment pas le tapage. A peu près sourds, ils sentent pourtant les vibrations du sol et, surtout, n’ont pas leurs yeux dans leurs poches. Animaux à sang froid, ils ne peuvent réguler leur température. De ce fait, ils fuient aussi bien le chaud que le froid. L’été, ils ne sortent généralement qu’en fin d’après-midi ou la nuit. Voilà pourquoi on peut se promener pendant des jours en sans voir un seul,  alors qu’un connaisseur peut en rencontrer des dizaines en une heure ou deux.

Des gabarits différents
Dans notre région, on trouve plusieurs sortes de couleuvres (à collier, vipérines, vertes et jaune, esculape), deux types de vipères (aspic et péliade) et des orvets (lézards aux paupières mobiles). Longues et fines, aussi vives qu’inoffensives, les couleuvres possèdent des yeux ronds. Les vipères, au contraire, sont trapues et leurs yeux ressemblent à ceux des chats en plein soleil. Calmes, elles ne deviennent agressives que lorsqu’on leur marche dessus, ce qui arrive souvent en raison de leur capacité à se rendre invisibles. Leur morsure peut alors être dangereuse. Mais les guêpes, frelons et autre abeilles tuent dix fois plus en Europe. Les serpents ne méritent pas la peur et la haine qu’ils inspirent. Pour la surmonter, il faut en parler, surtout aux enfants, tout en les mettant en garde : on observe mais on ne touche pas ! Un conseil qu’il faudrait d’ailleurs appliquer aussi aux hérissons, araignées, buses, chevreuils, voire à la nature dans son entier.

J.C. Fact.

Serpents

Ce que dit la loi

 

Relatif à la protection de la nature, la loi du 10 juillet 1976 stipule que « la préservation des espèces animales et végétales (…), le maintien des équilibres biologiques auxquels ils participent (…) sont d'intérêt général », mais aussi qu’il est « du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel dans lequel il vit. » Un arrêté du 19 novembre 2007 liste les reptiles protégés sur l'ensemble du territoire français et les modalités de leur protection.