Interview : Jean-Pierre Goudard, maire de Grandris

Nous ne sommes pas prêts pour le mariage !

 

Fusion ou pas fusion ? La question d’un regroupement entre communes de Haute Azergues

a été évoquée le 29 février dernier, lors d’une réunion des élus.

Si certains préfèrent esquiver la question, pour Jean-Pierre Goudard, la réponse est clairement non.


Comment en est-on venu à discuter de ce sujet ? L’état met-il la pression sur les élus ?
Non, il n’y a pas eu de pression. Ce qui ne veut pas dire que cela n’arrivera pas. Des réunions entre élus de haute Azergues ont été organisées, au départ, parce que les élections de 2014 ont amené beaucoup de nombreux maires et qu’il nous semblait important de leur présenter le fonctionnement de la Communauté de communes, d’échanger, d’évoquer d’éventuels projets communs. Peu à peu, la question du regroupement a été posée.

Quelle est la tendance sur ce thème ?
Plutôt d’arrêter sur ce sujet. Car, pour se « marier », il faut  des objectifs communs. Or il n’y en a pas. Nous avons suggéré, par exemple, de nous grouper pour passer commande de fioul, de granulés… Cela ne s’est jamais fait. De même, cela fait plusieurs années que Grandris propose d’acheter une laveuse de rue – qui coûte entre 30 000 et 50 000 € – à plusieurs. A cinq, nous pourrions l’avoir un jour par semaine. Nous n’avons pas de réponse. Si, déjà, nous n’arrivons pas à réaliser ce type de projets, ce n’est pas bon signe. Cela veut dire que nous ne sommes pas prêts pour le mariage. En ce qui concerne Grandris, l’équipe municipale s’est prononcée contre une éventuelle fusion lors du dernier conseil.

Qu’est ce la commune aurait à gagner à fusionner ?
La carotte financière de l’état ? Elle est loin d’être garantie. D’ailleurs la réforme de la DGF (Dotation globale de fonctionnement) est reportée à 2017. Dépenser moins ? Je n’en suis pas sûr. En tout cas, je n’ai pas d’information en ce sens. Pour moi, il existe une taille « critique » pour les communes. Trop petites, elles ne peuvent pas faire grand-chose. Trop grandes, elles augmentent les dépenses en salaire et les élus ont moins de relations de proximité avec les habitants. A Grandris, nous ne sommes pas si mal que cela. Nous avons investi dans la rénovation des bâtiments, ce qui nous permet aujourd’hui de faire des économies. Et globalement, nous n’avons pas de charges très importantes.

Qu’est ce que la commune aurait à y perdre ?
D’abord, son indépendance par rapport aux groupements politiques. Le risque est de déplacer les débats sur des thèmes nationaux qui n’ont rien à voir avec le local. A Grandris, depuis 2001, nous sommes sans étiquette, même si nous avons chacun nos convictions. Nous essayons de faire le mieux possible tous les jours pour les habitants et ce type de rapports de force ne nous intéresse pas. Se regrouper, c’est aussi un risque de vouloir regrouper les écoles avec une classe de CM ici, une classe de CM2 ailleurs. Et plus de voitures sur les routes pour emmener les gamins à l’école. De même, on pourrait très bien avoir une liste élue composée d’habitants d’une seule commune. Il serait tentant pour eux de favoriser l’implantation  des commerces chez eux. Mais rien n’est en cours. Nous n’avons même pas franchi la première étape de l’envie !

Propos recueillis par Nadia Gorbatko.

Réunion publique > 17 avril

Fermeture de la Poste : Grandris riposte!

Année après année, Grandris se bat pour conserver son guichet. Mais, cette fois, la direction de la Poste a tranché : les bureaux n’ouvriront plus que deux heures par jour, à partir du 4 mai. Autant dire qu’elle vient de signer son arrêt de mort. Organisée par la mairie, une réunion publique s’est tenue à ce sujet, le 17 avril, à la salle de l’Odyssée. Compte rendu.

Un bureau de Poste qui ferme, c’est en réalité bien plus qu’un bureau de Poste qui ferme... « Une fois que l’on a pris sa voiture pour aller au village voisin, par exemple, on y achète son pain. On en profite pour passer à la pharmacie, puis on fait ses courses au Petit Casino. Et par un effet boule de neige, les commerces de sa propre commune risquent de fermer un à un », explique Jean-Pierre Pujkis. L’ancien maire de Grandris maîtrise le sujet : il s’est battu pendant des années pour sauver le guichet du village. Le 5 novembre dernier, pourtant trois dirigeants de La Poste sont revenus à la charge, plaidant pour une nouvelle organisation devant les élus. Le bureau grandrisien ne serait pas rentable… « Sauf que les opérations bancaires réalisées à Grandris sont comptabilisées à Lamure et que seules les transactions enregistrées sur l’ordinateur entrent dans le calcul. Nous avons ici une entreprise qui envoie au moins trente colis par jour. Nous contestons cette évaluation », s'insurge Jean-Pierre Goudard, maire du village, ce 17 avril, à l’Odyssée, devant une salle bondée, très attentive.

Des propositions inacceptables
Pour remplacer leur guichet, la direction de la Poste propose trois solutions : une agence communale, autrement dit le traitement des tâches par un employé du village ; leur prise en charge par un commerçant ou la réduction des heures d’ouverture. L’équipe municipale n’en approuve aucune. Les deux premières signifient un désengagement de la Poste, estime Jean-Pierre Goudard, « par ailleurs, ni les commerçants, ni les employés communaux n’ont à jouer ce rôle. A Poule-les- Echarmeaux, lorsque l’un d’entre eux est tombé malade, les services postaux n’ont plus fonctionné pendant quatre semaines ! » Quant à la réduction des horaires, elle entraine généralement une fermeture dans les deux ans. « C’est fatal, à force de trouver porte close, on n’y va plus… » Adjoint au maire, Laurent Desplasse rappelle que La Poste, société anonyme à capitaux publics, ne perd pas d’argent et même en reçoit de l’Etat. « Grâce au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), elle a touché 300 millions d’euros. C’est votre argent », insiste-t-il.

Une contre-offensive possible
Datée du 26 décembre, une lettre de la mairie refusant ces propositions n’a jamais reçu de réponse. Une deuxième, envoyée le 27 mars, en revanche, a donné rapidement lieu à un courrier en retour… annonçant  une réduction des horaires à 12 heures par semaine, soit deux heures par jour, dès le 4 mai. Pour faire pression sur La Poste, mais aussi sur les responsables politiques, l’équipe municipale envisage de lancer une pétition, en sollicitant chacun des habitants. Des courriers de protestation peuvent aussi être envoyés aux élus et autres hauts fonctionnaires : à Christophe Guilloteau, président du département, à vos élus du département (Annick Guinot et Bruno Peylachon), à Patrice Verchère, député de de la 8e circonscription du Rhône, à Michel Delpuech, préfet du Rhône. Et même aux dirigeants de La Poste. Sans oublier de préciser que les comptes ouverts à la banque postale pourraient être fermés en l’absence d’interlocuteur. « Il faut faire parler de vous, La Poste déteste qu’on la mentionne dans la presse », commentent des habitants de villages voisins, venus témoigner de leur expérience de résistance réussie dans un cas similaire. A vos plumes, à vos claviers, donc…

Nadia Gorbatko.

 

A quelle adresse écrire ?

 

Votre député :

Patrice Verchère

Assemblée nationale
126 rue de l'Université
75355 Paris 07 SP

 

courriel : vercherepatrice@orange.fr

 

Vos élus au département :

Annick Guinot courriel : Annick.GUINOT@rhone.fr

Bruno Peylachon, courriel : Bruno.PEYLACHON@rhone.fr

31 Cours de la Liberté, 69003 Lyon

 

A la préfecture

Michel Delpuech

106 Rue Pierre Corneille, 69003 Lyon

http://www.rhone.gouv.fr/Contactez-nous

Deux pétitions en cours

Une pétition "papier" est en train

de circuler quartier par quartier.

Pour lui offrir une plus large caisse

de résonnance, une autre est en ligne sur change.org, n'hésitez pas

à la signer et à la faire circuler.


Grandris à l'Assemblée nationale

 

Interpeller ses élus n'est jamais complètement perdu.

Le député Patrice Verchère a évoqué l'avenir du bureau de Poste de Grandris, dans l'hémicycle, par une question orale, lors de la séance du 2 juin 2015 

 


les réponses du député Patrice Verchèrev et de l'élue départementale Annick Guinot sollicités sur la question de la Poste à Grandris
Courrier Patrice Verchère-Annick Guinot.
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Voeux > 16 janvier 2015

Des voeux tout frais

Photo : JP. Regnat.
Photo : JP. Regnat.

C'est devant une salle comble et attentive, vendredi 16 janvier, que le maire, Jean-Pierre Goudard et son équipe, ont présenté leurs voeux aux Grandrisiens. Au programme : retour sur l'année passée - travaux à l'école publique, mise en place de la réforme des rythmes scolaires, inauguration de l'hôpital... -, point budgétaire, redécoupages territoriaux et projets d'avenir. Parmi ces derniers : des actions en faveur de l'emploi et de la dynamique économique. « Grandris porte en son sein une vraie dynamique », a souligné Jean-Pierre Goudard « Il est important de prendre conscience de notre potentiel et d'en être fier. »

D'autres actus ?

Photo : Jean-Yves Cospain.
Photo : Jean-Yves Cospain.

Oui mais c'est où, Grandris ?

Photo : Marine Chalayer.
Photo : Marine Chalayer.

Commune française de quelque 1200 habitants, Grandris se situe dans la Haute Vallée d'Azergues. Département : le Nouveau Rhône. Région : Rhône-Alpes. Le village se trouve à 35 kilomètres à l'ouest de Villefranche-sur-Saône, à 55 kilomètres au nord-ouest de Lyon et à 50 kilomètres à l'est de Roanne.


Entre les grands reliefs du Massif Central et les vignobles du Beaujolais, ses petites collines plantées de sapins (Douglas essentiellement) constituent autant d'espaces naturels préservés propices à la promenade, aux pique-niques ou à la contemplation...

Avec 35 autres communes, Grandris fait partie de la Communauté de Communes de l'Ouest Rhodanien (COR), fruit de la fusion de trois anciennes communautés de communes : celle du Pays d'Amplepuis-Thizy, celle du Pays de Tarare et celle de la Haute Vallée d'Azergues.